Projets soutenus

Carrefour des Solidarités

Un accompagnement personnalisé aux démarches numériques

Création en juillet 2019 d'un poste de médiateur informatique.

Parrainage du projet

Projet parrainé par Stéphanie Duhamel,
Directrice des Affaires publiques, RTE

Le projet

Le Carrefour des Solidarités anime un réseau d'associations investies dans le champ de l'action sociale ainsi que des centres communaux d'action sociale afin de travailler au bénéfice de personnes en grande difficulté. L'association a plus particulièrement pour missions de promouvoir la citoyenneté et la participation des usagers, d'animer un lieu ressources (documentation, formation…), d'être un lieu d'interpellation, d'observation et d'analyse.

Le Carrefour des Solidarités accompagne depuis 2016 des personnes ayant des difficultés face aux démarches dématérialisées. L'accompagnement est structuré autour de 2 axes : accompagner les personnes victimes d'illectronisme dans les démarches dématérialisées et dans l'accès aux droits (santé, CAF, retraite, impôts, logement…) et développer un réseau de personnes relais sur le territoire.

Afin de professionnaliser et de développer cet accompagnement, l'association a recruté Isabelle Dubreuil en tant que médiateur numérique. Ses missions sont de diagnostiquer les besoins, mettre en place un accompagnement individuel, animer des ateliers collectifs, diffuser de outils pédagogiques afin de rendre les personnes accompagnées autonomes, orienter vers les dispositifs proposés sur le territoire…

 

15 rue de l'écluse de Bergues, 59140 Dunkerque
03 28 63 70 40
Site internet : carrefourdessolidarites-dk.fr

 

Sandra Bulthel, directrice du Carrefour des Solidarités à Dunkerque

 

« Le Carrefour des Solidarités a été fondé en 1996 par un collectif d'associations qui oeuvrent dans le champ du social et de l'aide d'urgence aux plus démunis. Il a été rejoint en 2006 par les CCAS de l'agglomération puisque ceux-ci interviennent sur le même public fragilisé. En 2014, nous avons constaté qu'un nombre de plus en plus important de personnes avait du mal à percevoir ses droits en raison d'un manque d'accès à l'outil informatique. En effet, de plus en plus de démarches administratives doivent désormais se faire par internet. Pour combler au mieux cette fracture numérique, nous avons fait appel à des jeunes en service civique dont le rôle était, non pas de faire à la place mais plutôt d'expliquer comment faire pour que la personne puisse ensuite être autonome. Toutefois, face aux demandes de plus en plus importantes, face aussi à la complexité de certaines démarches et à l'accueil d'un public très, très éloigné de l'outil informatique, nous avons jugé que nos jeunes en service civique n'étaient plus adaptés à nos besoins. Nous souhaitions pouvoir embaucher un médiateur ou une médiatrice numérique, avec de réelles compétences en informatique que nous pourrions former aux démarches en ligne un peu complexes et qui disposait aussi de grandes qualités humaines. Il fallait également que cette personne ait des compétences en pédagogie car nous souhaitions également créer des fiches pédagogiques pour aider notre public. Pour trouver cette perle rare, nous nous sommes tournés vers la Fondation du Dunkerquois Solidaire. C'est ainsi que nous avons rencontré notre mécène, RTE, et travaillé avec cette entreprise au recrutement de notre médiateur ou médiatrice. Ce maillage est vraiment essentiel pour nous faire monter en compétences, notamment dans la gestion de notre structure. Concernant le poste, justement, nous avions très envie de le confier à Isabelle, qui a mis en place chez nous des ateliers informatiques bénévolement. Isabelle était demandeuse d'emploi depuis quatre ans et nous avions pu apprécier son sérieux, sa disponibilité, ses compétences en informatique et ses qualités humaines et de pédagogue. Notre entreprise mécène a très vite approuvé ce choix. Isabelle a donc pris son poste de médiatrice numérique chez nous début juillet et nous n'avons qu'à nous en féliciter. Comme Isabelle connaissait déjà la structure, elle s'est parfaitement adaptée et c'est un vrai bonheur de la voir aussi à l'aise, quel que soit le public qu'elle doit aider. Avec Isabelle, nous sommes sûrs d'avoir fait le bon choix et avec RTE, nous sommes sûrs d'être épaulés pour pouvoir pérenniser le poste au-delà des trois ans que va durer le mécénat ».

 

Isabelle Dubreuil, médiatrice numérique au Carrefour des Solidarités

 

« J'ai commencé à travailler très jeune et j'ai fait un peu tous les métiers dans l'agriculture, à la SNCF, dans l'aménagement urbain et même dans la vente à domicile. En 2009, j'ai repris mes études et passé un DEUST en bureautique et communication multimédia afin d'approfondir les connaissances en numériques que j'avais acquises sur le terrain. Suite à cela, j'ai, un temps, travaillé à la mairie de Cappelle-la-Grande mais les restrictions budgétaires subies par les collectivités locales ne m'ont pas permis de garder cet emploi. Ensuite, malgré des envois de CV et de nombreuses réponses à des offres d'emploi, je n'ai pas réussi à me réinsérer professionnellement. Cette perte d'emploi qui s'éternisait s'est doublée d'une perte de vie sociale. Je me suis complètement renfermée sur moi-même. Au bout de quelques années, j'ai décidé de me secouer et de devenir bénévole chez Emmaüs. C'était un moyen pour moi de rendre un peu de ce que l'on me donnait, d'exister et d'être, de nouveau, active. C'est là, grâce à un autre bénévole, que j'ai appris que le Carrefour des solidarités cherchait un bénévole pour animer des ateliers numériques. Je me suis dis : « Pourquoi pas ? », sans me douter une seule seconde que ce bénévolat allait déboucher sur un emploi. Je me suis tout de suite sentie bien dans cette structure. J'aimais beaucoup ce que je faisais. Aussi, quand Sandra m'a dit qu'elle pensait à moi pour le poste de médiatrice numérique, j'ai été très heureuse, je n'en revenais pas, sans toutefois oser y croire réellement. J'ai tant de fois vu mes espoirs déçus que je préférais rester prudente. Je n'en ai d'ailleurs parlé à personne avant que ce ne soit officiel. Ce poste salarié au Carrefour des Solidarité, c'est une renaissance pour moi, c'est le cadeau que je n'attendais plus. Je suis décidée à m'y investir à fond ».